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   18° Pleine lune du 03 Juin 2004
VINCENT DELERM / KENSINGTON SQUARE
Vincent Delerm mit l'âne dans un pré et s'en vint dans l'autre… combien y'a-t-il d'ânes en tout ? ou la chanson à textes deviendrait-elle une chanson à marques ? Réponse en fin de chronique (1).
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Par Denis Glazer


L'influence des marques sur la chanson à textes n'a rien de surprenant ; elle existe depuis belle lurette dans la vie courante - celle qui galope sans cesse et qu'on ne peut jamais rattraper, macache !… Le "name-dropping", petite manie des années double zéro consistant à jeter des noms propres à tous bouts de phrases, est devenu aujourd'hui une forme grammaticale à part entière, une manière de transformer un nom propre en adjectif : encore faudrait-il admettre que Nike est un nom propre, mais ça c'est une autre histoire… En 2004, le petit Robert n'aura bientôt plus de raisons de paraître en deux tomes ! Mais parlons un peu du principal accusé : Vincent Delerm, chanteur à marques françaises de 28 ans, adepte du name-dropping, et apprécié particulièrement par ses aînés… et j'en fais partie - des aînés.

Fils d'écrivain, ça pourrait être une insulte. "Euh, fils d'écrivain, va !". La question est de savoir si le cas s'applique à Vincent Delerm, fils de l'écrivain éponyme dont j'ai perdu le prénom. Robert Delerm, non ?… j'sais plus… Dans une interview accordée à Télé Poche, au journaliste qui lui posait la question "Est-ce difficile d'être le fils d'un écrivain ?" Delerm junior répondit finement : "En tout cas, quand les journalistes ne savent pas comment m'aborder, cela constitue toujours une bonne entrée en matières". C'est pourquoi, je n'insisterais pas trop sur ce sujet glissant.

Durant son enfance - dure enfance passée dans la réalité de la banlieue parisienne : Rouen -, Vincent étudie le piano à cordes pour ressembler à ses idoles du moment : Alain Souchon, William Sheller ou le très professoral Gilbert Lafaille. Adolescent, chacun sa pénitence ! Mais c'est le 11 septembre 2001 (vers 9 heures du matin) que le déclic se produisit : la rencontre avec Thomas Fersen, chanteur à textes moins "marqués" ! Quelques mois plus tard, Vincent sort un premier album très "Cahier du Cinéma" qui lui rapporte net 380 000 albums (un album = environ 2 euros) et une victoire aux Défaites de la musique.

Quant à son nouvel album, Kensington Square (le baiser Modiano en écoute ici), aux accents pops londoniens (très Gainsbourg période Mélodie Nelson), je l'aime bien en définitive… comme on aime un film de Truffaut ou bien comme un album de Vincent Delerm. Histoire de boucler cette chronique lunatique par un name-dropping aimable...

Denis Glazer


(1) La réponse est 121 ânes.

Vincent Delerm, Kensington Square
Parution : 2004
Produit par Tôt ou Tard
Extrait : Le baiser Modiano

L'officiel
www.vincentdelerm.com
L'officieux
vincentdelerm.free.fr

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