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09° Pleine lune du 16 Mai 2003 |
OUM KALSOUM / AL ATLAL
Les funérailles de la diva égyptienne aux lunettes fumées ont rassemblé paraît-il plus de quatre millions de personnes dans les rues du Caire (Tarn-et-Garonne). De quoi s’intéresser de plus près au charisme de la cantatrice pop arabe.
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Disons le tout de suite ! Ceux d’entre vous qui n’aiment ni les complaintes ni les violons, ni les Arabes, n’ont qu’à aller écouter la B.O. d’Oum le Dauphin à la FNAC au lieu de passer leur temps à dire du mal de cette chronique ma foi gratuite et tiers mondialiste. Pour les autres, ça commence là.
L’année de naissance de la diva en question varie selon quelques bien piètres biographes, visiblement plus amateurs de patisserie orientale que de précision suisse ; on peut affirmer malgré tout que la chose serait née dans le delta du Nil entre 1898 et 1904. Certains exégètes paranoïaques vont jusqu’à affirmer qu’elle aurait été découverte sous une pyramide en 1834 par Champollion (alors en villégiature sur les rives du fleuve), mais là, ils exagèrent. Allez, disons qu’Oum Kalsoum - curieusement Oum signifie la mère en langage arabe et le père en langage dauphin - devrait être née au alentour de 1900 dans une bicoque des bords du Nil, et finit par décéder le 3 février 1975 et puis voilà. Mais entre ces deux dates, contrairement à vous, Oum est devenue la Johnny Halliday d’Egypte et de Navarre. Et même pire.
Fille d’Imam comme vous et moi, la petite diva entonne de bonne heure les versets du Coran sous le joyeux martinet de papa, puis, quelques années plus tard, fredonne déjà des airs connus dans les mariages haut-niliens, travestie en garçon afin d’éviter les désormais fameux coups de fouets paternels. Quelques mariages plus tard, la Callas… euh… Oum Kalsoum devient une légende vivante et le restera jusqu’à sa mort.
Symbole de l'unité nationale voire internationale, “l’astre d’Orient” comme la surnomment 85% de ses biographes, donnera plusieurs concerts au profit de la Révolution Culturelle du président Nasser dont elle fut l’amie intime (et non la maîtresse comme des rumeurs le prétendaient à l’époque, vu que, passée l’âge de quarante ans, Oum Kalsoum s'était rapprochée du thon, plutôt que de la célèbre perche du Nil). Mais durant ses concerts, dissimulée derrière de splendides verres fumés (tendance lourde des années 60), la “cantatrice moche” envoûtait littéralement son auditoire. On raconte à ce propos que lors d’un concert au Caire en décembre 1969, 10000 spectateurs furent brutalement hypnotisés, parmi lesquels 2345 ne se réveillèrent jamais ; si l’on en croit la rumeur, la plupart d’entre eux errent encore en anachorète dans les souks de la capitale égyptienne.
Certains récitals de la “Callas du Haut Nil” ne comportent qu’une seule chanson - d’une heure et trente minutes environ ; les autres, plus reposants, en proposaient deux maximum. L’inconvénient de cet avantage étant qu’on ne pouvait aller boire qu'une bière à la buvette entre les morceaux. L’album proposé ici et pas ailleurs, Al Atlal (les ruines, en arabe), sélectionné avec mes petites oreilles spécialement pour vous - parmi les 500 albums d’Oum qui peuplent la Terre - dure exactement 48’30’’ et ne comporte qu’un seul titre éponyme - trente secondes seulement en écoute ici.
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Denis Glazer
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Oum Kalsoum, Al Atlal Parution : 1971 Produit par Sono Cairo Extrait : Al Atlal
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La vraie bio de la cantatrice pop
rhizom.free.fr/magazine/oumkalsoum.htm
L’Amazon arabe
www.aramusic.com
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