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Chaque pleine lune,
deux disques
à acheter d'urgence,
et pour les plus cultivé(e)s
d'entre vous, à écouter...
Suggérer un disque
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Premier artiste français - et blanc de surcroît - à accéder à cette chronique culte et culturelle, l’homme à la tête de chou aura en plus le doux privilège de clôturer cette saison lunaire, et de vous accompagner durant un été que je vous souhaite avant tout “Sea, Sex and Sun”.
J’ai bien connu Gainsbourg. Durant l’hiver 88, j’ai même pris une cuite au Ricard avec lui dans un bar de nuit du 14e; le Rosebud, rue Delambre, pour ne rien vous cacher. Les larmes aux yeux, il m’a parlé des années de guerre et des ruraux qui ont hébergé sa famille durant l’occupation, du côté de Limoges (zone libre). Gainsbourg a d’ailleurs un certain côté “Le pianiste” de Roman Polanski; depuis que j’ai vu le film, j’ai vraiment du mal à dissocier les deux personnages (Szpilman-Gainsbourg): même dandysme, même costard, même métier, même ambiguïté vis-à-vis de la chose mondaine…
Elevé à la baguette par un père pianiste russe et psychorigide, Lucien Ginzburg tentera dès son retour à Paris (1945), une carrière d’artiste peintre maudit, avant de finir comme papa, pianiste de bar alimentaire, puis chanteur d’art mineur comme il se plaisait à le dire. Même en changeant de nom (la manie des rebelles) en hommage au peintre Gainsborough, et de prénom pour faire plus russe, Serge Gainsbourg n’a jamais été rien d’autre qu’un pianiste de bar célèbre, accompagnant ça et là quelques jolies filles… et lui-même en fin de nuit.
Comme dit si bien Gainsbourg au vent mauvais, je suis éternellement en sursis. “Tout ce que je vis, je le vis en frôlant des issues inéluctables” ajoute-t-il, faisant allusion à sa venue au monde entre avortement et promiscuité d’une sœur jumelle. Les biographies rêvent d’illuminations instantanées, de décisions symboliques et rédhibitoires prises en quelques minutes, de virages en épingle dans la destinée, mais "la vie est un hasard contraire aux destinées..." marmonnait le locataire du 5, bis rue de Verneuil.
Hésitant tout d’abord entre trois ou quatre albums cultes (Initial B.B., Histoire de Melody Nelson, L’homme à la tête de chou), j’ai finalement flanché pour son album pop groove millésimé 73: Vu de l’extérieur. Cet ex-33 tours débute par “Je suis venu te dire que je m’en vais” et se termine par “sensuelle et sans suite”. Un album parfait. Une unité musicale rarissime, bâtie autour du trio jazz (limite ragtime) “piano, basse, batterie”, de sa voix groove de crooner débauché, le tout saupoudré délicatement d’effets pop-londoniens années 70’.
Bref, à chaparder d’urgence chez le disquaire le proche de votre plage: planquez “Vu de l’extérieur” sous votre paréo et faites un sourire au videur en sortant. Comme disait Bakounine: “La propriété, c’est le vol”
Bonnes vacances à tou(te)s et à la prochaine.
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Denis Glazer
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Serge Gainsbourg, Vu de l’extérieur Parution : 1973 Produit par Melody Nelson Publishing Extrait : Sensuelle et sans suite
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Le meilleur, et de loin
www.tetedechou.com
L’officiel, et de loin
sergegainsbourg.artistes.universalmusic.fr/800/push/index.html
Un autre
www.gainsbarre.com
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