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IGGY POP / LUST FOR LIFE
Au chapitre des grands disparus du rock’n roll, comme on parle de grands brûlés, Iggy Pop fait figure de rescapé voire de revenant. Mais quel joli nom !
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Par Denis Glazer


C’est étrange comme dans ce milieu, personne ne souhaite réellement se faire appeler par son nom de baptême; il semblerait même que cette manie soit l’obsession originale du rockeur: renier sa race… Alors, pour celles et ceux d’entre vous qui ambitionnent d’apprendre un truc utile en moins de dix lignes, et puis filer à la cantoche ou je ne sais pas moi, au volley-ball, expliquons tout de suite pourquoi Iggy Pop ne s’appelle pas James Jewel Osterberg comme l’aurait souhaité son père, mais bien Iggy Pop comme son nom l’indique. Bon je m’y colle !

L'artisan du punk, fut surnommé l’Iguane dès son adolescence, non comme on pourrait le croire à cause de sa ressemblance indéniable avec le saurien, mais du nom de son premier groupe fondé en 1964 dans un lycée perdu du Michigan (Maine et Loire): les Iguanas - d’où le diminutif d’Iggy. Quant à Pop, je ne vois franchement aucune explication plausible; et ce ne sont pas les spectateurs des premiers rangs de ces concerts qui me contrediront (voir plus bas).

Car, dès l’age de 12 ans, l’homme du Michigan (Doubs), batteur anomyme de son état, frappait déjà très fort, et dit-on un peu partout. Influencé par le blues (Iggy traîna un temps dans le milieu black de Chicago), le mouvement psychédélique (Les Doors venait juste de s’ouvrir), la poésie beatnik (les conférences que John Kerouac a vomies à l’Université du Michigan sont parmi ses plus éloquentes) et, pour une large part par les drogues dures, Iggy Pop abandonne très vite sa caisse claire pour le microphone (moins lourd à transporter), et fonda (fondit ?) les “Stooges” (en français, les pantins) au Printemps 1967 - début des années folles (67-70).

Durant cette période, les récitals des gars de Michigan marquent les esprits, et surtout les corps. En effet sous l'emprise de puissants psychotropes, Iggy n'hésite pas à se mutiler sur scène et même à menacer le public. Un soir, Iggy brandit un revolver et tire à plusieurs reprises au hasard dans la foule, ne faisant par miracle qu’un mort et plusieurs blessé(e)s graves. Un rescapé raconte: “Après avoir balancé un coup de pied dans la tête d’un fan, Iggy a sorti un pétard pour régler son compte aux premiers rang (…), j’ai aussitôt pris la fuite (…), et je me suis pris une bastos dans la jambe”.

Automne 1971. Tous ses potes du Velvet Underground disparaissent un par un de morts naturelles (overdose, suicide, noyade), et l’Iguane se retrouve tout seul, avec sa bite et sa seringue. Après avoir traversé une période difficile (vie dans la rue, mort clinique, accident de la route, passage en hôpital psychiatrique, perte du bras droit), Iggy Pop connaît en 1976 une renaissance artistique grâce à son sosie David Bowie qui apparaît au regard de l’histoire du rock comme celui des deux qui a le plus réussi financièrement. La vie d’Iggy balancera désormais entre gloire sporadique et bas-fond psychotropique. Comme vous et moi finalement.

L’album “Lust for life” produit en 1977 par David Bowie (titre éponyme en écoute ici) devra être placé dans le rayon Rock de votre discothèque idéale, et sorti à bon escient, lorsque des fâcheux viendront troubler vos soirées allumées. Comble de l’histoire, l’Iguane n’a aujourd’hui que 56 ans, et vient de retrouver son bras droit.

Denis Glazer


Iggy Pop, Lust for life
Parution : 1977
Produit par David Bowie
Extrait : Lust for life

Le site officiel
www.iggypop-virginrecords.com
Le site officieux
www.rawiguana.com
Quelques paroles
rockiguana.free.fr/lyrics.htm

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