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Chaque pleine lune,
deux disques
à acheter d'urgence,
et pour les plus cultivé(e)s
d'entre vous, à écouter...
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11° Pleine lune du 11 Septembre 2003 |
ALAIN BASHUNG / FANTAISIE MILITAIRE
Pour célébrer la rentrée et son défilé de feuilles défuntes, un album littéraire et lunaire dont le titre - fantaisie militaire - ne fait en aucun cas allusion aux attentats bicéphales du 11. Culte et lumimeux !
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Contrairement aux idées reçues (et à Jean Faurous qui vient juste de rentrer d'un long séjour en Afrique du Nord, bronzé, chevelu, décalé), Alain Bashung, de son vrai nom Alain Baschung, est né à Paris (14ème) durant l'hiver 47, en plein (baby) boom. Aussitôt né, le chanteur fuit la métropole défaite pour se réfugier en Alsace-Lorraine chez ses grands-parents où il découvrira entre autres, le goût délicieux de la solitude, le hit-parade allemand et le patois alsacien. Par la suite, selon ses biographes (plus ou moins alcooliques), le futur dandy-pop aurait dégoté un B.T.S. de comptabilité durant l'année scolaire 1960-61. A l'âge de 13 ans ! Bashung aurait-il été le Mozart de la compta ?
Ne cherchez pas ! Alain Bashung n'a pas de site Internet (officiel) ; seule sa maison-mère de disques (Universal, ex-Vivendi, ex Compagnie Générale des Eaux, ndlr) lui accorde un site institutionnel que je ne conseillerais même pas à ma belle-mère. Du coup, côté infos, rien que de l'officieux, de l'aficionado, de l'amateur ; et les sites amateurs consacrés à l'artiste, comme on pourrait parler de radios amateurs, sont par dessus-le marché plutôt rares ou pire vous font souvent planter l'ordinateur, surtout sous Mac… Mais ce n'est pas grave, la nuit je mens (en écoute ici).
Pour qui sait entendre, voire lire et écrire, Fantaisie militaire s'avère comme un album de ruptures ; rupture avec le réel, provoquée par la rencontre avec l'autre ("J'ai fait la saison dans cette boîte crânienne, tes pensées, je les faisais miennes…"), puis rupture avec l'autre ("j'aimais quand je t'aimais"). Rupture avec la variété ("délaissant les grands axes, j'ai pris la contre-allée") pour varier les plaisirs et rejoindre le panthéon des grands de ce monde (Gainsbourg, Mimie Mathy, Ferré, Brassens, l'abbé Pierre, Cassius Clay, Beethoven, Hitchcock, Mitterrand, et Jean Passe). Enfin et surtout, rupture de ce monde, devant nos yeux ébahis, impuissants ("Sommes-nous, des gonzesses ?").
23ème album chroniqué ici-bas par votre modeste et génial serviteur, Fantaisie Militaire, galette noire et lumineuse, est à glisser délicatement par la tranche dans votre discothèque idéale. Cet album platonique, clair à l'écoute lorsqu'on est amoureux, ou lorsqu'on ne l'est plus, ou bien encore lorsqu'on est à deux doigt de l'être ; bref à longueur de journée, reste encore troublant comme un trou noir après la 8543ème écoute.
Une fois n'est pas coutume, je terminerais cette chronique par une jolie phrase de E.M. Cioran (1907-1995) : "Heureux ces moines qui vers la fin du Moyen-Age courraient de ville en ville annoncer la fin du monde !" A ce propos, Alain Bashung entamera une tournée à partir du 8 octobre 2003, et nous y serons tous !
Bon Automne à tou(te)s
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Denis Glazer
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Alain Bashung, Fantaisie militaire Parution : 1997 Produit par Barclay Extrait : La nuit je mens
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l'officiel de la compagnie générale des eaux
http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr/
La nuit, je mens...
http://www.paroles.net/chansons/19182.htm
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