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14° Pleine lune du 08 Décembre 2003 |
CURE / STARING AT THE SEA
"Ce qui n'est pas déchirant est superflu, du moins en musique" disait Emil Cioran (philosophe 1911–1995). Cet aphorisme colle tout particulièrement au minimaliste précieux de The Cure, trio pop-punk indispensable à toute discothèque idéale qui se respecte.
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“La pop est la forme hybride du blues et de la country music, réduite à sa version la plus abordable pour le grand public, et The Cure, groupe pop so british, y ajoute volontiers ses composantes révoltées: punk et psychédélique.” débutais-je ce matin ma conférence sur l’Histoire de la Musique Occidentale du deuxième millénaire; conférences que je donne volontiers tous les lundis de 4h à 5h du matin à l’IRCAM - Centre Pompidou (Rens. au 01 44 78 48 43 du lundi au vendredi de 10 h à 18 h).
Trio minimaliste par excellence (basse, guitare, batterie) dominé par la figure emblématique de Robert Smith voire par sa coupe de cheveux allégorique, The Cure restera à jamais associé aux années 80's et à sa nouvelle vague britannique qui nous décoiffe encore aujourd'hui. Aux années Thatcher (1979-1990) en quelque sorte; la dame de Fer a pour ainsi dire lancé (presque) à elle seule la New Wave et son cortège gothique. Je dis presque, parce que sans The Cure, la pauvre New Wave se réduirait aux boys-band de style Talk Talk, tandis que les Daft Punk ne seraient que de simples DJ de la banlieue ouest. Brrr!
Le leader (Robert Smith pour ceux qui ne suivent pas) vit le jour (ou la nuit) le 21 avril 1959 dans le West Sussex (sans aucun jeu de mots); autant dire dans le Sud-Est de l'Angleterre. Plus précisément à Crawley, une charmante bourgade de bidochons outre-Manche située quelque part entre l'aéroport de Gatwick et la station balnéaire de Brighton. Le coin doit être bourré d'hôtels "Spécial voyage de noces" pour VRP deuxième classe.
Dix-neuf ans et quelques Télécasters (1) plus tard, très lettré, le Petit Robert écrit son premier single sous l'influence croisée d'Albert Camus, Jimi Hendrix, Charles Baudelaire, Jean-Paul Sartre et Jean-Sébastien Bach. Résultat: le très noir "killing an arab", adapté avec une force bestiale de "L'Etranger" de Camus. Cocktail explosif! Repris à l'époque par les joyeux skinheads du National Front, à l'insu du plein gré du chanteur aux cheveux à la Cure, considéré dès lors comme "l'Éric Satie du rock". Eh oui, on ne peut pas être génial sans être ambigu, n'est-ce pas Bob ?
Trois mois plus tard, en mai 1979, The Cure sortent leur premier 30 cm: "Three imaginary boys" (10.15 Saturday night, en écoute ici), une collection de chansons pop névrotiques, le tout emballé dans une pochette culte signée Bill Smith, symbolisant le trio: un abat-jour, un réfrigérateur et un aspirateur, évoquant ainsi une sorte de boys band des arts ménagers. On pense de suite aux Beatles. Même passion pour Jimi Hendrix, même sens de la pop minimalisme, même culture classique, mais sûrement pas même rage (2)… L'hirsute vient de la vague punk, du "no future"… La classe !
(1) Fender modèle Télécaster, la DS de la guitare électrique, utilisée par les Beatles, Jimi Hendrix et Jean Faurous.
(2) Electro, Pop, Rock, aux rythmes hispaniques ou arabiques, la musique de The Cure atteindra au fil du temps la puissance d'un “Mechanical Animals” de l'ultra-chaotique Marylin Manson. Mais ceci est une autre histoire!
Bonnes fêtes à tou(te)s!
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Denis Glazer
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The Cure, Three imaginary boys Parution: 1979 Produit par Fiction Extrait: 10.15 Saturday night
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L'officiel
www.thecure.com
Les goûts de Robert
www.thecure.com/robertpages/robert.html
La famille Cure
www.ifrance.com/lostsongsandotherblues/biographies/curefamilytree.html
L'ancienne cure
www.ancienne-cure.com
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