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Chaque pleine lune,
deux disques
à acheter d'urgence,
et pour les plus cultivé(e)s
d'entre vous, à écouter...
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15° Pleine lune du 06 Février 2004 |
BEATLES / REVOLVER
Quarante ans presque jour pour jour après le passage de nos quatre garçons dans le vent (du Nord) à l'Olympia, votre intrépide reporter s'est rendu au chevet des gars de Liverpool (Seine et Oise). Tchin !
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A mon arrivée à l'aéroport CDG en provenance de l'île de Pâques, deux idées fixes m'accompagnaient depuis un bon moment : s'envoyer un sandwich "sec beurre" et écouter vite un disque des Beatles. Pour le "sec beurre", le comptoir du "Paris Manhattan" a fait l'affaire, quant aux Beatles, j'ai foncé en zone Duty Free Tax où j'ai emprunté l'album culte Revolver (1966) à la barbe d'un surveillant rasé de prés. Fin de citation.
La ville dont nous allons parler est une ville triste prénommée Liverpool, un port de commerce du nord-ouest de l'Angleterre, un bourg où chaque habitant a au moins un beau-frère au chômage ou une sœur strip-teaseuse (et inversement). Triste, elle l'était encore plus dans les années 40. En plein bombardement national-socialiste ! Et c'est précisément l'époque et le lieu qu'ont choisis nos quatre gamins dans le vent pour venir au monde. Première constatation : le Beatles est né sous les bombes !
Au crépuscule de cette guerre (n° 3945), la cité poissonnière donc, quasi en ruine, ne compte plus que 700 000 âmes dont 342 000 morts, 283 000 chômeurs et 4 petits scarabées qui se battent en duel. La fin de l'industrie juteuse de l'esclavage, puis celle du coton, ayant anéanti les derniers espoirs de Reconquista de la couronne, la ville n'eut plus que deux remèdes pour oublier tout ça : la musique et le ballon rond. A ce propos, le club de football de Liverpool (tél. : 0 151 26 32 361), maillot rouge, short rouge, bas rouge, résille noire… Eh, ce genre de paragraphe ressemble à un commentaire de Stade 2. J'abandonne là et je fais un bond de dix ans en avant.
Hiver 1956. Le "skiffle", terme désignant en argot black, le musicien qui, faute de tréso, joue avec ce qui lui tombe sous la main (je ne sais pas moi, une cuillère, un peigne, un couteau, une planche à voile, un story-board de Francis Ford Coppola sur lequel les musiciens besogneux soufflent subtilement pour faire virevolter les pages au rythme du balai-brosse), le skiffle donc fait son apparition dans les clubs anglais. Influence déterminante que l'on ressentira plus tard dans certains hits beatleliens comme Yellow Submarine ou encore l'atypique I'm the Walrus.
D'après mes calculs, nos Beatles, mélange rare entre le beat et le beetles (ndlr, scarabée en langage anglais), se sont croisés en mai 1957 au "Fishing Pub" de Liverpool, un truc d'ouvriers où ça sent le maquereau sans faux-col et la bière salée. Mais d'après les autres biographes, plus ou moins alcooliques, les garnements se seraient rencontrés en juillet 1957 dans une kermesse protestante où ça skifflait grave. Ceci dit, faut que je me grouille ; à ce rythme, je ne pourrais jamais vous parler de la vie de 4 types (encore moins en moitié vivant) avant la fin de cette chronique calibrée. Donc, encore un petit bond en avant.
1961. Les Beatles mènent désormais une vie de blousons noirs sympas dans les bouges d'Hambourg, une ville de putes et de marins où les 3x8 du rock'n'roll rythment leurs destins. C'est à cette époque qu'ils apprennent notamment la saveur particulière de douze pintes per night, les filles faciles, les mecs difficiles et en prime l'accord de Ré dièse majeur. De retour en Angleterre début 63, nos amis (devenus des hommes) enregistrent au Abbey Road Studio (Londres) leur premier disque "Please please me" alors que les premiers effets du plan Marshall commencent à se faire sentir: consommations et joie de vivre obligatoires.
Du 16 janvier au 4 février 1964, Les Beatles passent à l'Olympia en première partie de Sylvie Vartan (Réservation Fnac, Virgin, Carrefour). Ce qui en dit long sur la culture pop de nos compatriotes, vous ne trouvez pas ? Ceci dit, je préfère coucher avec Sylvie Vartan qu'avec les Beatles…
Quelques jours plus tard, le 7 février, des milliers de teenageuses yankees en transe attendent John, Paul et les autres, compactées contre les grillages de l'aéroport JFK en poussant des beuglements d'hystériques (symptômes patents de Beatlemania, cette maladie cardio-vasculaire née dans les années 60). Au passage, ce cliché (celui des fans à l'aéroport de New York) fera le tour du monde, tout comme celui de Tien An Men, de l'assassinat de JFK ou de Giscard d'Estaing disant au revoir aux Français.
Voilà ! Je n'aurai jamais le temps de vous parler de l'hindouisme de John, ni de l'invention du psychédélique, ni des psychotropes associés, ni de l'angélique merchandising de Yoko Ono. Jean Faurous m'avait prévenu : écrire sur les Beatles est un gouffre sans fin (sic). Dans notre cas, il fera exactement 4 572 signes typographiques. Bien plus que d'habitude.
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Denis Glazer
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The Beatles, Revolver Parution : 1966 Produit par Fiction Extrait : Eleanor Rigby
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L'officiel
www.thebeatles.com
Un site de fan
www.lucyintheweb.net
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