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02° Pleine lune du 21 Octobre 2002 |
ALI FARKA TOURÉ / TALKING TIMBUKTU
En 1990, Ali Farka Toure, décide d'abandonner la musique pour s'occuper de sa ferme sur les bords du Niger. Mais son producteur, Ry Cooder, le convainc de reprendre la guitare pour enregistrer "Talking Timbuktu". Pour le plaisir de votre discothèque idéale.
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Le seul problème, et de taille, quand on s’attaque à Ali Farka Touré, c’est que le bougre, voire le génie, a toujours fait l’unanimité de la critique musicale. Résultat : Impossible de dire du mal du " bluesman du désert " sans passer, à juste titre, pour un inculte, un sourd, ou un sourd dingue. Mais du mal, je n’en dirais guère, bien au contraire.
Sur la carte de visite d’Ali Farka Touré, nous dit-on dans le crédible journal Le Monde, on peut lire : " Artiste Cultivateur ". Ce qui à première vue pourrait laisser présumer de deux choses, ma foi antagonistes : de l’humour belge ou de la modestie. De belge, il ne peut en être question ici vu que l’artiste est noir comme vous et moi. Ali Farka Touré est tout simplement modeste, modeste et génial. Et quand je dis modeste, je ne veux pas dire réservé, je veux juste dire parfait. Dans les années 60, ce fils de famille noble [ndlr, ici-bas nous dirions fils de riche] commence sa carrière de guitariste en composant des airs libérateurs à la gloire du gouvernement malien aux lendemains de l’Indépendance. Remarquez que c’est comme si je vous disais que le gouvernement Raffarin vient d’engager un bluesman [je sais pas moi, au hasard Bill Deraime] pour composer des chansons en son honneur. Ici-bas nous pourrions redouter le pire, mais du côté du Mali, cela a permis de lancer la carrière d’un génie musical et humain, qui s’achèvera en 1999 par un Grammy Award du meilleur album musical pour " Talking Timbuktu ", ici présent. Dans cet ultime album, la musique d’Ali Farka Touré reste universelle [elle l’a toujours été] non parce qu’elle nous vient d’Afrique [cliché de la primitivité], mais parce qu’elle s’inspire naturellement de toutes les musiques du monde. Pourtant, Ali n’aime pas voyager, enregistre tout ce qu’il peut chez lui, au bord du Niger, et il a bien raison : " A mon âge (..), je préfère recevoir que voyager " Résultat : un mélange de mandingue [musique traditionnelle malienne] et de blues, mais un blues des rives du Niger, un blues intuitif, un blues d’autodidacte [il n’a découvert cette musique que dans les années 70], un blues d’artisan, de cultivateur. " Pour certains, explique Ali Farka Touré, Tombouctou est un endroit perdu au bout du monde, mais c'est faux. Je suis de Tombouctou et je peux vous dire que c'est en plein coeur du monde". Voilà, c’est tout, et c’est une bonne réponse.
Aujourd’hui, Ali Farka Toure a décidé de tout plaquer pour se consacrer désormais uniquement au projet d'irrigation de son village écologique près de Tombouctou ; il achète des pompes à eau avec l’argent " récolté " grâce aux fruits de la musique.
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Denis Glazer
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Ali Farka Touré, Talking Timbuktu Parution : 1994 Produit par Ry Cooder Extrait : Bonde
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Le fameux article du Monde
www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,9750,3246--284315,00.html
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