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05° Pleine lune du 18 Janvier 2003 |
SALIF KEITA / FOLON... THE PAST
Je ne dirais pas que Salif Keita est noir comme vous et moi, vu qu’il est albinos. Et en Afrique être albinos signifie prendre des coups, et pas toujours de soleil.
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Celui que l'on surnomme le " Caruso africain " ; plus à cause de sa voix que de sa ressemblance physique avec le grand Caruso (1873-1921) qui était, comme chacun le sait, grand et brun avec une petite moustache en pointe, chose qui plaisait beaucoup aux femmes et très souvent aux hommes, celui-là même qui vient de sortir le mois dernier (décembre 2002) son dixième album (à caractère obligatoire) se prénomme Salifou et s’appelle Keita, chose qui en Afrique de l’Ouest arrive fréquemment. Ouf ! Cette phrase fait 492 signes et me paie à elle seule une cartouche de Marlboro light.
Salifou Keita donc, qui comme son l’indique se réduit ma foi assez facilement à Salif Keita, est né à Djoliba (Niger) le 25 août 1949, le jour même de la création de l'Office Public d'Habitations à Loyer Modéré (OPHLM), et ce détail, comme nous le verrons plus tard (si nous avons le temps et la place), ce détail dis-je n'a vraiment aucune importance. Et hop, 353 signes de plus.
Descendant direct du valeureux Sounjata, fondateur au XIIIème siècle de l’empire du Mali (dont les frontières englobaient alors le Sénégal, la Belgique, le Danemark, le Burkina-Fasso, et une bonne partie de la Corse et du Groëland actuels, ainsi que, nul ne sait pourquoi, la ville de Narbone-plage), le petit Keita naît albinos ; chose qui en Afrique équivaut ici-bas à naître noirs (ou arabes). Seules solutions alors : chanter quand on est noir (ou arabes), ou bien faire un stage ANPE de peintre en bâtiment quand on est blanc.
A la fin des années 70’, chassé à coup de pierres par tous les habitants du Djoliba (Niger), Salif se réfugie à Bamako où éclatent juste à cette moment-là les émeutes de Mai 1968. C’est précisément derrière les barricades, composées de branchages et de crocodiles morts, que Salifou rencontrera le saxophoniste Tidiane Koné ( leader du Rail Band de Bamako qui fait les beaux soirs de l'Hôtel de la Gare) qui remarque tout de suite sa tessiture de griot, et l’invite aussitôt à prendre le micro. Résultat : quelques vitres brisées.
A partir de là, le succès vient très vite, puisque dix ans plus tard, Salif Keita reste toujours inconnu, sauf dans quelques hôtels de Bamako pour touristes aisés.
Mais aux artistes célèbres et inconnus, rien d’impossible ; on constate très vite en écoutant " Folon, the past " (1995), album modelé de tradition mandingue, de rumbas sauvages et de douces ballades, et produit par le Béninois Wally Badarou (Grace Jones, Peter Tosh, Charlotte Julian, Joe Cocker ), que dans son malheur, Salif a eu finalement de la chance de naître noir, comme vous et moi. Album (1) à emprunter à la FNAC de toutes urgences. (1) Sur la pochette, Nantenin, la nièce de l’artiste, elle aussi albinos
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Denis Glazer
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Salif Keita, Folon… the past Parution : 1995 Produit par Wally Badarou / Island Records Extrait : Tekere
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Le site officiel
salifkeita.artistes.universalmusic.fr
Sos Albinos, association fondée par Salif Keita
perso.wanadoo.fr/genespoir/autres_associations.htm
Narbonne-Plage (11), village anciennement rattaché au Mali
www.narbonne-plage.com
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