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ARETHA FRANKLIN  / VOL1
S’il fallait cloner une chanteuse pour l’ensemble de son oeuvre, je choisirais Aretha Franklin. Que son âme Soul rythme vos soirées les plus tendres.
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Par Denis Glazer


Je ne surprendrais personne en disant ici qu’Aretha Franklin est la fille d’un pasteur de Memphis, noir comme vous et moi, qui chantait du Gospel durant ses heures de boulot, ni même en vous rappelant que la “Reine de la Soul Music” a enregistré son premier disque LP à l’age de 14 ans.

Il est vrai que cela aurait été beaucoup plus difficile pour la jeune fille si elle avait eu le tort de naître à Roubaix (59) d’un père mineur de fond, même si le bougre chantait parfois des chansons traditionnelles polonaises en cassant du roc noir dans les profondeurs de Monceau les Mines. Au mieux, cela aurait donné Patricia Kaas (du roc), mais jamais Aretha Franklin.

Je vous le dis tout de suite : personne ne peut écouter un morceau d’Aretha Franklin sans lancer dès la première mesure un “Ah ouuuuuiiiii, c’est elle qui chante ça ? Merdeuh j’savais pas quoi”. Certes, vous en entendez à longueur de journée sur la bande FM. Subrepticement. “Unforgettable”, “Soulville”, “Nobody like You”, “Shoop shoop song” et, pour les plus ignares “What a diff’rence a day made” ?

Dans les années 50’s, la famille Franklin s’installe à Détroit, la ville du pneu et du Blues. Aretha (elle n’a que huit ans) fait ses débuts dans la chorale de son père, le Révérend Franklin, et y fréquente des sommités du Gospel comme Mahalia Jackson, Sam Cook, Clara Ward ou même Line Renaud teinte en brune et grimée de cirage marron foncé. Immédiatement remarquée pour ses quatre octaves faciles, Aretha décide alors de s’envoler (en bus) vers New-York et ses studios hors de prix. A titre de comparaison, signalons que la voix de Sylvie Vartan ne dépasse guère une octave et demi, celle d’Etienne Daho n’en possède qu’une, tandis que celle de Vincent Delerm n’en possède aucune mais ça fait rien c’est bien quand même.

On est en 1960. Aretha est aussitôt embauchée chez Columbia Records qui lui fait signer de force un contrat 3-6-9 occasionnant quelques albums populaires allant du Rhythm’n’Blues des familles à la ballade sirupeuse (dixit les spécialistes). Bref, la chanteuse s’emmerde à la maison pendant 6 ans, rompt son bail et signe chez Atlantic, le label qui est à la Soul Music ce que Lourdes est à la Vierge Marie.

Le 10 mars 1967, le single “I never love a man” est dans les bacs, le 11 mars Aretha Franklin est proclamée “Queen of Soul Music”. A vie. Par la suite, l’existence d’Aretha se résumera à une centaine de tubes, quinze Grammy Awards et quelques duos people avec n’importe qui : Elton John, Georges Michael, Nelson Mandela, Whitney Houston, James Brown ; il ne manque plus à ce florilège que les non-voyants Ray Charles et Steve Wonder. Pour les spécialistes discographiques, citons en prime quelques singles de l’année 67 : “Respect” (en écoute ici), “Make me feel like a natural woman” ou “Chains of fool”.

Ah ! Côté achat, pour vous éviter les dépenses conséquentes, votre serviteur vous recommande une fois de plus d’emprunter sans complexe la compilation remastérisée chez Atlantic Records qui contient le meilleur de la période 67-70. Le reste, on s’en tape.


Denis Glazer


Aretha Franklin, Vol 1
Parution : 1967-1970
Produit par Atlantic Records
Extrait : Respect

Le site officiel bien sûr
www.aretha-franklin.com
Le studio mythique existe encore
www.atlantic-records.com

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