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THE ROLLING STONES / STICKY FINGERS
Rolling Stones est avant tout une marque déposée, et contrairement aux Beatles, c’est aussi un groupe de blues.
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Par Denis Glazer


Ecrire une chronique sur les Rolling Stones, y’a longtemps que ça ne m’était arrivé, et pour tout vous dire : jamais. Pas facile donc. Les Rolling Stones, c’est un peu le Manchester du Rock’n roll ; les stars s’y succèdent et le banc de touche regorge d’internationaux. Y’à qu’à voir.

En 1969, Brian Jones, l’avant-centre de génie, blessé (retrouvé mort dans sa piscine) est remplacé au pied levé par Mick Taylor qui quittera le groupe pour des raisons obscures en 1974. Dans les années 70, Billy Preston transfuge des Beatles, le club concurrent, assure pour un temps la défense latérale au poste de saxophoniste. En 1975, Ron Wood est acheté au club des alcooliques de Rod Steward pour renforcer la défense centrale (guitare rythmique). En 1984, Ian Steward, manager et pianiste, se blesse (d’une crise cardiaque) et est aussitôt remplacé par Chuck Leavell, mercenaire d’Eric Clapton, de Georges Harrison et autre Black Crowes. En 1993, Darryl Jones, le neveu caché de Brian Jones, est transféré du club yankee de Miles Davis pour succéder au poste de bassiste (défenseur central) à Bill Wyman qui vient tout juste de publier les mémoires du groupe à grand renfort de promotion. Comme vous le voyez, les Stones sont loin d’être quatre garçons dans le vent, mais une bonne dizaine, et en définitive, seuls les postes d’ailier gauche (Keith Richards), d’avant-centre (Mick Jagger), et de gardien de but (Charlie Watt) seront conservés durant les quarante ans de carrière du club londonien. Retour vers les sixties.

Dans sa troisième épitre, l’apôtre Jean raconte que Michael Jagger et Keith Richard, camarades de maternelle dans les années 45 du siècle dernier, se retrouvèrent par hasard quinze ans plus tard dans un train de banlieue de Londres, tenant chacun sur les genoux une pile de 33 Tours de Chuck Berry. Certains affirment que la scène s’est déroulée sur le quai de la gare de Dartford et non dans un des wagons, d’autres soutiennent qu’il s’agissait en réalité de 33 Tours de Line Renaud, certains exégètes espagnols prétendent que la scène s’est déroulée dans un bus de la banlieue de Madrid, quelques fans schizophrènes enfin, attestent que les 33 Tours en question n’étaient autres que les disques des Rolling Stones. Mais là… !

Bon, envoûtés par ce troublant signe du Ciel, les deux adolescents décident alors de faire un bout de chemin ensemble, et fréquentèrent ainsi les clubs échangistes de leur quartier. Ils y rencontrèrent tour à tour Charlie Watts, Brian Jones et Bill Wymann qui, lui, n’a été choisi que parce qu’il avait du fric et une basse. Après quelques répétitions, les jeunes Rolling Stones donne leur premier concert au Marquee à Londres, tandis que certains commentateurs ibériques certifient que ce premier concert a eu lieu en vérité au Borricito Loco, un bar à putes de la banlieue Est de Madrid. Mais là aussi… !

Leur premier album éponyme sort en 1964. Un ramassis de reprises de rythm’blues empruntés (et pas souvent rendus) au répertoire de Cliff Richard, B.B. King, Chuck Berry ou Moody Waters. Mais en 1965, avec la sortie du single (I can't get no) Satisfaction, les cinq blancs inventent d’un seul coup, le blues garage, la pop anglaise, les cheveux longs, le psychédélique et le rock business. Les chaises volent en éclats et, affolés, les petit-bourgeois se rabattent sur la concurrence : les Beatles.

En juillet 1969, ce qui devait arriver arriva. En plein enregistrement de Sticky Fingers (l’album prôné ici), coup de téléphone ! Disparu Brian Jones… (et par la même occasion Jim Morisson, Eddy Cochran, Buddy Holly… idem Jimmy Hendrix, Otis Redding, Janis Joplin, T.Rex, Elvis). Fin des sixties. Acte deux. Retour à la case départ : la case de l’oncle Tom, celle du bon vieux blues. Fin d’une époque, célébrée par Andy Warhol, qui signera à l’occasion la pochette de l’album sorti en 1971 ; un album culte à propos duquel j’étais censé écrire un truc qui vous aurez donné envie de l’emprunter illico à la FNAC, et que vous poseriez délicatement sur l’étagère de votre discothèque idéale au rayon… euh… Rolling Stones.

NB : Chez les Stones, le divorce a lieu en permanence. Pas de site Internet éponyme. Des quatre membres principaux du groupe (encore vivants), seul Charlie Watt, le batteur silencieux, n’a pas daigné avoir de site ; les trois autres Stones ont choisi de faire site séparé. Rolling Stones est avant tout une marque déposée.


Denis Glazer


The Rolling Stones, Sticky Fingers
Parution : 1971
Produit par Virgin Records
Extrait : Sway


Le site de Keith
www.keithrichards.com
Le site de Michael
www.mickjagger.com
Le site de Bill
www.billwyman.com
Le site de Ronnie
www.ronniewood.com/launch.html
La tournée 2003
www.stonesplanet.com/tour02.htm
Le club des Stones
www.sympathyforthedevils.com/index.htm
Le site de l’album
sfingers.free.fr

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