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De la musique du film Latcho Drom de Tony Gatlif, en passant par leur collaboration récente avec Stephan Eicher, chanteur suisse comme on dit couteau suisse, le Taraf de Haïdouk est aujourd’hui aussi célèbre que, je ne sais pas moi, Ivan Rebroff dans les années 70’s.
Par définition, le Taraf est un groupe tzigane à géométrie variable, et selon les fluctuations du taux de natalité et de mortalité de la région de Cléjani, petit village roumain situé près de Bucarest, celui de Haïdouks compte entre dix et vingt membres, tous de la même famille. Frères, sœurs, mères, pères, cousins plus ou moins germains, cousines rarement germaines, petits-neveux, petits-fils, grands-pères, grands-mères, grands-oncles, grands-tantes, tous ont un point commun : ils ont entre 8 et 80 ans.
La traduction de Haïdouks varie selon les auteurs. Cela va du très littéral “bandits d’honneur”, au plus british “gentlemen cambrioleurs”, en passant par les triviaux “voleurs de poule aristocrates”, “prince de la cambriole”, voire même “renard musqué”.
Certes, quand on naît du côté du Cléjani, on a la chance d’avoir très peu de solutions. En fait sept. Pas une de plus. A savoir : jouer du violon, jouer de l’accordéon, jouer de la flûte (mais ça fait un peu tapette), jouer du cymbalum (mini-piano à percussion mais c’est super dur), jouer de la contrebasse, mais les places sont chères vu qu’il n’y en a guère qu’une par Taraf et encore, soit enfin jouer du tambourin, mais là c’est vraiment la honte. Au foot, les nuls on les mets dans les cages, ici, les nuls se retrouvent au tambourin. Et c’est pas mieux ! Et la septième solution me direz-vous ? Foutre le camp de là. Mais très peu y parviennent, surtout à cause de la Milicia.
Ecouter le Taraf de Haïdouk, c’est un peu comme être invité à un barbecue, mais faites gaffe quand même à votre portefeuille, non je rigole. Un barbecue du Sud pardi, parce que dans le Nord les barbecues ressemblent plutôt à la fête de la bière si vous voyez ce que je veux dire. Pas de pastis ou alors une sous-marque. Notons que le dictionnaire de l’ami Word m’indique que je devrais plutôt employer ici le mot braisiers à la place de barbecue, car, me dit-il, ce mot est un anglicisme, mais je t’emmerde !
En tournée générale la plupart du temps sur les routes d’Europe et de Navarre, ces compagnons de chanson roumains feront jolis dans votre discothèque idéale à condition de les placer dans le rayon “Manouche”. Ainsi, à quelques syllabes de la fin de cette chronique, je vous conseille fortement de voler cet album. Honte à celui qui l’achète.
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