over23° magazine interlunaire before 23°
10 Septembre, Dijon, 00h33, lune descendante 10 septembre, lune descendante  18° nouvelle lune du 14 octobre 2004
indices agenda planetarium (re)bondages credits contacts
sommaire magazing (re)flux inculture lowtech sport people tout l'univers
guiding technodesign telescope tourisme bibliobus discorama (des)astres
clubbing s'abonner cadeaux
Chaque pleine lune,
découvrez la face cachée
d'un objet qui ne gagne
rien à s'améliorer...

Suggérer un objet
Cecilia Sarkozy, numérodeuxbis
L'ère du nombrilisme ou le nombril à l'air
La clé

Le lapin

Moneo, j'achète!

Le Short Message Systémisé, ou SMS

Un rein? Mais ça ne sert à rien

GPS: Mais si chérie, je suis au bureau!

Singulières fines herbes

Le conditionnement de l'air est frais

Soudain, l'eau est devenue toute pâle

Faux et usage de faux

Le fromage brut de fonderie

Ecrire, avec une machine

Couteau électrique : attention, ça va couper !

La fin du sans-fil

Le tampon-encreur pour un monde timbré

Qui pneu le plus, pneu le moins !

Le congélo, la fin de l'ère glaciaire

Pour un retour au grille-pain unplugged

   04° Pleine lune du 19 Décembre 2002
L'AISSELLE DU DÉSIR
Il peut certes être difficile de concevoir pour les jeunes générations que sans le déodorant, le monde n'aurait jamais été ce havre de luxe calme et volupté que nous connaissons aujourd’hui.
  Envoyer cet article à un(e) ennemi(e)
Par Francis Mizio

Que l'on se figure le chaos à l'époque des premiers combats qui déclenchèrent ce que l’on appela au début du XXIe siècle : "la guerre du déodorant ". Le monde comptait deux camps : les tenants de la fin, attachés au seul problème de l'odeur, opposés aux tenants des moyens, exclusivement préoccupés par la forme de l'outil.

Cette seconde frange très techniciste se perdait en courants divergents aussi nombreux qu’il existait de formes (billes, lingettes, vaporisateur, stick, spray, aérosol, etc). Les tenants de la fin s’entredéchiraient sur la question du résultat. A savoir : qu'attendre d'un déodorant ? Doit-il masquer ou bien combattre l’odeur? Etre à alcool ou anti-sudorifique, cosmétique ou aux agents adoucissants, contenir 25% de sels d'aluminium ou au zirconium antibactérien ? Autant de points de vue firent naître autant de groupuscules radicalisés. Les pouvoirs publics se contentèrent longtemps de “laisser faire” sans se faire suer. Ils étaient en fait incapables de réprimer la lente macération des passions.

Les premiers assassinats (huit représentants asphyxiés au gel de rose dans un ascenseur du Sheraton d'Atlanta, lors d'une convention de grossistes) sonnèrent le début de la répression envers ce qu'on appela "l'Axe du mâle" en référence à une marque alors très agressive autant en terme de communication que de diffusion par cumulo-nimbus de son produit. Les représailles des forces de l’Axe pourrirent la situation. Au crime du Sheraton répondit le “Bloody Rexona Day”, lors duquel périrent 40 démonstrateurs, démembrés par l’explosion durant une “séance d’apprentissage du geste” de leurs aérosols sabotés. Ce carnage sonna l’hallali. Les années suivantes connurent l’escalade des ripostes : intoxication massive au patchouli vaporisé lors de la foire pour ouvriers du bâtiment (120 morts) ; largage sur une usine de sticks pour chauffeurs de taxi de ballots de lingettes (300 conditionneurs aplatis)... jusqu'au gazage par hélicoptère de 400 vendeuses à domicile réunies lors de soirée-spray.

Après quelques mois sanguinaires, on dénombra plus de mille "martyrs du dessous de bras", comme titra alors la presse hystérique. C’est alors qu’un savant de Marseille, médiateur du gouvernement, eut l’idée d’organiser la "Suée Suisse" du nom de la nation choisie pour la neutralité de son PH et l’odeur lactée de ses citoyennes. La convention dite de "réconciliation" lors de laquelle les fronts “de libération" ou “de rétention" bactériens et autres "Branches armées à roll-on" (à sticks, etc) parvinrent à signer une “motion apaisante”, votée qui plus est à main levée, stipulant dès son article premier que “le problème n'est pas la sueur, ni l’outil pour la combattre, mais ce qui la cause ”. Et ce fut une façon clairvoyante de jeter les bases d’un nouvel humanisme, et plus prosaïquement, de réinstaurer le dialogue social.

Avec le recul, chacun sait que si les grandes marques de déodorants sont aujourd’hui les interlocutrices les plus actives auprès des organisations patronales, c’est en vertu de cette motion. Songeons qu’il y a quelques décennies à peine on ne disposait d’aucune amélioration des conditions de travail en stick, de nul comité hygiène en spray, d’aucune veille-sécurité en roll on ! La réduction du temps de travail en lingettes ne serait même parue imaginable il y a vingt ans ! Voire... Les aménagements ergonomiques des transports en commun (en bâton), l’aération des lieux publics (en crème) comme des night clubs (en vapo) plébiscités aujourd’hui sont directement issus de cette motion.

C’est pourquoi les polémiques récentes sur le monument dédié aux martyrs de la "guerre du déodorant", ces saints auréolés, ne peuvent que nous alarmer. L’on aurait attendu des architectes en lices qu’ils ne réactivent pas le problème de la forme et du fond. Que le monument soit en forme de stick, de spray ou de lingette importe peu. Qu’il soit odorant ou purificateur d’air aussi ! Il est très inquiétant de voir remonter vieux débats rances et polémiques moites. Le vote à main levée, les effets de robe comme les bras tendus exhalent souvent les pires remugles du passé.

Francis Mizio


Le poids du déodorant dans l'économie mondiale
www.transnationale.org/conso/deodorant.htm
Faites votre propre déodorant en bâton
www.banlieusardises.com/soins/archives/000310.html
Axe de Fabergé, déodorant officiel d'Austin Powers
www.axe.be
Déodorant pour les porcs
lebulletin.com/actualite/0202/020225zm.cfm
Le déodorant et le tennis
perso.club-internet.fr/bmarcore/tennis/publicite/beaute/deodorant-02.html

sommaire
copyright humantechnodesign 2002-2004. tous droits réservés.
  design by neo05