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   18° Pleine lune du 03 Juin 2004
N'EST PAS CHAUVE QUI VEUT
Le gardien de l'équipe de France, touchy sur le look, n'est pas non plus indemne de l'accent. Du moins quand il parle. Car ainsi sont souvent les footballeurs.
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Par Remy Fière

N'est-il pas souhaitable qu'un gars né-natif du pays des peausseries et des tanneries remplisse ses fonctions muni d'un joli crâne rond en peau de pécari? Si, bien sûr, et c'est sans doute pour cette raison que le petit Fabien Barthez de Lavelanet, après une époque Implants sur le devant du chef, a décidé un beau jour de se raser l'occiput au Philipshave, celui qui fait le derme doux comme un fondement de babigro et appelle inévitablement le baiser chaste du partenaire.

C'est en effet le plus grand souvenir que l'histoire gardera du "Divin Chauve" qui, un été 98, se laissera bécoter la calotte crânienne par un ami cévenol, membre comme lui d'une équipe de France de football. Laurent B, il s'agit bien de lui, élément moteur du triptyque, Black, Blanc, Beur, eut en effet l'idée, un jour de mondial, de remercier son gardien de but en lui léchant le haut de la boite et en tentant, sans succès aucun, d'y instiller un brin de cette oralité si masculine. Car Fab était ainsi fait que dans sa bonne tête joviale, les mots, pourtant peu nombreux, se bousculaient tant et si bien que cela le perturbait gravement.

Alors, un jour il choisit de ne plus parler. A la presse notamment. Laquelle n'alla pas se pendre à la première transversale car on sait au moins depuis le règne de Bernard Lacombe 1er que les footballeurs muets en disent parfois autant que ceux qui s'expriment comme des livres.
En revanche, s'il n'était bavard, qu'est-ce qu'il fumait le petit Barthez ?Et pas que du paquet de 20 puisqu'un jour, il s'est même fait attraper au cours d'un contrôle inopiné. On le soupçonna prestement d'avoir inhalé de ces substances fumeuses qui font rire aussi bien les neurasthéniques que les invertis. Rien de grave assurément : la maréchaussée lui fit les gros yeux et la grande histoire du sport décida d'oublier que tirer sur le oinj peut parfois tuer les réputations, les vers solitaires et le temps qui passe trop vite.

Il n'empêche: un peu refroidi de s'être fait prendre, notre ami Fab, après quelques années de séjour en Méridionalie -Marseille puis Monaco-, choisit de s'exiler au pays de la Livre qui tombe toutes les semaines dans la bourse. Il fila vers Albion et ses froideurs mancuniennes. Là, à United, Fabien se montra galant avec une fiancée mannequine, présent dans "Voici" et vaillant dans les buts. Du moins au début. Il rompit un jour, prit quelques "buts-casquettes" comme disent les exégètes, perdit la confiance de son coach, un sir d'origine irlandaise, puis s'acoquina avec une charmante employée d'origine lyonnaise. C'est ce qui explique que, parfois, il vient (c'est un scoop over23°) du côté de Couzon au Mont d'Or, au nord de la métropole des Goals et au sud de la région beaujolaise, dont le vin fait monter le bonheur aux joues et descendre la culotte de velours aux pieds. "Pas vrai, ma chérie?"

Là n'est plus la question, car le sportif de nos jours est un être millimétré, scientifisé, labellisé "0 défaut". Fabien donc ni ne boit, ni ne fume, ni ne s'exprime d'ailleurs. Alors, sans rien dire, juste équipé de son expérience et de son accent du sud, il est revenu du côté de la "Bonneuh mèreuh", là où la mer et le soleil avaient même accepté de se faire acheter par Bernard Tapie, un ancien ami de Fab. La surprise fut totale et depuis, le gardien de but de l'OM, des Bleus et des "oh-hisse-Enculé", goûte les joies d'une préretraite amplement méritée. Il semblerait même qu'il y a peu de temps, il soit parti en vacances au Portugal, là où la vie est moins chère, là où la saudade rythme le coeur des femmes, là où la morue, si elle ne bouche pas l'entrée du Vieux Põrtao, sait venir en aide aux gardiens fatigués du haut du corps. Là où, malgré tous ses efforts, "Fabulous Fab" a vu ses espoirs européens se dissoudre comme l'encre qui servit à écrire la version remasterisée des meilleures nouvelles de Fernando Pessoa.


Remy Fière


Le site officiel, pas sûr qu'il ait été mis à jour depuis une éternité, mais bilingue
http://fabienbarthez.sports.fr/fr/index.asp
Le site non officiel de l'OM, mais monolingue
www.omplanete.com/olympiquedemarseille/joueur146.html
Un Barthez encyclopédique, au siècle des Lumières.
http://membres.lycos.fr/enigmo/encyclo.html

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