over23° magazine interlunaire before 23°
10 Septembre, Katmandou, 05h43, lune descendante 10 septembre, lune descendante  18° nouvelle lune du 14 octobre 2004
indices agenda planetarium (re)bondages credits contacts
sommaire magazing (re)flux inculture lowtech sport people tout l'univers
guiding technodesign telescope tourisme bibliobus discorama (des)astres
clubbing s'abonner cadeaux
Chaque pleine lune,
notre courageux reporter
tente de passer une heure
avec une star disparue...

Suggérer un(e) mort(e)
Faux et usage de faux
Fabien Barthez

Danièle Gilbert, la ferme!

Dieudo, un comique génétiquement modifié

Cecilia Sarkozy, numérodeuxbis

PPD, un être de chair et de sang

Du Jospin, du Josvin et du Josboursin

La Venus à Milo

La Balue, dans les cages du roi

"A vous Simone"

T’as vu qui c'est, dans la voiture amphibie ?

J.R., fais jaillir ton pétrole!

O Mao, O Mao, Mao blue, O Mao blue

Lolo Ferrari, mammaires ? Les glandes !

Petit papa Tino

Jean-Paul un et indivisible

Diana, si t'es là, tape dans tes mains

Pompidou dis donc !

   07° Pleine lune du 18 Mars 2003
MIREILLE MATHIEU, LA MORT DANS L’ÂME
Il paraît que la chanteuse avignonnaise aux vocalises insensées fait même frémir l’eau qui passe sous le célèbre pont. C’est dire son pouvoir de nuisance.
  Envoyer cet article à un(e) ennemi(e)
Par Remy Fière

Les mauvaises langues, et il y en a, prétendent que Mireille était morte avant même de naître. Ce qui, conceptuellement parlant n’est pas irréaliste, mais tendrait à démontrer, dans l’ensemble du grand questionnement perpétuel, que l’existence n’est en fait qu’une parenthèse plus ou moins longue entre deux éternités.

Pourtant dans ce débat entre le cru et le cuit, le plus important n’est pas là. Non, en ce qui concerne la demoiselle d’Avignon, il est surtout notable de constater qu’une fois sortie du ventre et capable d’avaler de l’air, elle devint immédiatement propre, et pieuse aussitôt, de l’intérieur comme de l’extérieur. Une divinité bien intentionnée aurait voulu façonner la Mireille à l’image de l’absolue perfection qu’elle ne s’y serait pas prise autrement. Une voix cristalline, une peau diaphane, des ongles rutilants, une rate de sous-préfète et un bol sur la tête pour retenir le tout quand notre chanteuse saura admirablement faire le poirier pour diminuer ses angoisses et augmenter la pression sanguine autour de son chef. Voilà un portrait-robot rapidement esquissé malheureusement assez proche de la réalité.

Car la vie n’a pas toujours été facile pour la fille de Marcel, tailleur de pierre au soleil. Un taudis même abritât ses premiers vagissements avant que, aînée d’une longue fratrie, Mireille soit en âge de tenir son balai, sa langue, mais pas son journal intime. Si bien qu’on ne sait pas grand-chose de la vie privée de celle qui n’apparaît jamais dans Voici, ce qui est assez symptomatique de nos jours. En revanche, l’hygiène était bel et bien sa qualité première, elle qui disait, une fois la famille relogée dans un habitat à loyer modéré, que “chez nous euh, on peut manger euh, par terre euh”. Mais c’était bien avant l’invasion de la viande hachée américaine et de ses dérivés graisseux et ketchupisés qui tachent même les carreaux de terre cuite.

La hamburgerisation du monde, hier comme aujourd’hui, n’a jamais laissé insensible la gamine du Vaucluse pour qui on peut se moquer de tout, sauf de l’Amérique. La môme Mireille, qui voyait dans ce pays grand, surtout en taille, l’occasion d’aller chanter des airs provençaux à ces grands niais, n’a jamais caché son amour des grandes plaines et des coyotes à poil ras. Comme Elvis Presley, ou ce vieux mafieux de Frankie S qui baptisa Mireille au whisky et la surnomma “the Moskito’s widow” quand il apprit qu’elle ne suçait même pas le sang…

Cornaquée depuis ses débuts par un certain Johnny Stark qui avait oublié que l’enrichissement personnel et la surexploitation des âmes sensibles pouvaient conduire à des délits répréhensibles, elle fit de sa voix d’or une offrande au monde entier. Dotée en effet du don des langues et d’une volonté farouche de réussir, la jeune fille aux jupes trop sages et aux corsages trop amidonnés, conquit la planète dès le milieu des années 60, poussant la trille dans des idiomes insensés. Non sans danger cela dit pour la virginité de sa coiffure légendaire : des Russes iconophiles voulurent la transformer en poupée quand ils n’ourdissaient pas des plans absurdes pour l’empailler de son vivant afin de la garder à Leningrad ; des Américains donnèrent son nom à une fabrique de bière qui créa puis abusa au début des années 60 du fameux slogan, “Hey, Buddy, what can i get for you ? Another Mimi ?”. Quant à ces Africains de l’Est qui ont, par déférence, baptisée “Mireille” une girafe à cou court et aux idées rétrécies qui connaissait tout le répertoire de la petite Française, leur choix laisse dubitatif.

Ainsi s’est en tout cas propagée la célébrité de Mathieu Mireille, chez les humains comme chez les animaux. Mireille, Mireille, Mireille, qui comme on dit dans le métier, tourne depuis une éternité sur toutes les scènes du monde. Il importe de le préciser car c’est là, et là seulement, que la jeune femme aujourd’hui plus âgée qu’au moment où elle se révéla, savait dire “Je t’aime”. A qui ? Les exégètes l’ignorent encore.


Remy Fière


Un site allemand, ja, ja
www.mansachs.com/MireilleMathieu
L’officiel de la coiffure
www.mireillemathieu.com
Un site suédois, doi, doi
hem2.passagen.se/mireille

sommaire
copyright humantechnodesign 2002-2004. tous droits réservés.
  design by neo05