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Par Edouard Launet

Ceux-là, chercheurs de tous horizons, se réunissent tous les quatre ans à Saint Andrews (Ecosse) pour présenter leurs travaux devant le “Congrès scientifique mondial du golf”. Ils en profitent pour taper quelques balles sur le plus ancien parcours de la planète.

La recherche golfique est un secteur extrêmement actif, comme l'ont bien établi Farrally et Al dans leur article “Golf science research at the beginning of the twenty-first century”, publié par le Journal of Sports Sciences (vol.21, n°9, pp.753-765). Sont passées en revue les onze branches de la science golfique reconnues par le Congrès scientifique mondial -de l'écologie des parcours jusqu'aux problèmes orthopédiques des joueurs - ainsi que les 311 communications présentées à Saint Andrews depuis 1990.

Il faut ajouter à cette somme les innombrables articles publiés par les revues scientifiques les plus diverses. Car, hormis les astrophysiciens peut-être, nombreux sont les chercheurs de toutes spécialités qui ont un point de vue sur ce sport surnaturel, surtout s’ils le pratiquent. Ce qui est en général le cas.

Une équipe d’agronomes coréens a jugé utile d’analyser la “Distribution spatiale du scarabée Oriental (Coleoptera: Scarabaeidae) sur les parcours de golf en Corée”, dans le Journal of Economic Entomology (vol.95, n°1, pp.72-80). On attend maintenant la publication de leur guide des meilleurs parcours du pays. Des chercheurs japonais ont étudié les “Caractéristiques du somatotype du golfeur mâle au Japon”, dans le Journal of Sports Medicine and Physical Fitness (vol.43, n°3, pp. 334-41). Tout ça pour en conclure que le golfeur est plutôt musclé quand il est bon. L’inverse n’est pas toujours vrai.

Dans le Journal of the History of Dentistry (vol.49, n°3, pp. 123-128), à signaler un excellent “Cary Middlecoff (1921-1998): un golfeur d’exception dans l'art dentaire”, signé par deux dentistes de l’université d’Indiana. “Bien que Cary affirmait devenir une boule de nerfs avant chaque compétition, il était connu pour gérer admirablement la pression”, notent les auteurs.

Mais à Saint Andrews, le “2002 Science in Golf Prize” est allé à une communication titrée: “Effet de la force musculaire et de la flexibilité sur la vitesse de la tête du club chez les golfeurs seniors”, plus tard publiée par le Journal of Sports Sciences. L'auteur, un prof de gym de l’université du Kansas, y raconte être arrivé à allonger d’une dizaine de mètres le drive (coup de départ) de papys golfeurs, après leur avoir fait faire huit semaines d’exercice physique. Ce résultat a fait forte impression. Une fraction importante des 55 millions de golfeurs sévissant sur la planète seraient prêts à vendre leur âme et celle de leurs amis pour gagner quelques mètres au drive. Alors pensez donc, dix d’un coup et sans changer de matériel. Et à cet âge-là, en plus. Depuis, l'auteur a reçu une offre pour enseigner en Californie, qu’il a immédiatement acceptée.

Edouard Launet



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